Les violences conjugales, un fléau encore mal appréhendé.

Si depuis quelques années, nous entendons régulièrement parler du phénomène des violences conjugales, ces violences sont encore mal connues et souvent placées sous le sceau de la honte ou du secret. Elles regroupent toutes les violences qui peuvent avoir lieu au sein d’un couple. On les regroupe en 4 catégories : les violences physiques, les violences psychologiques, les violences sexuelles et les violences économiques. Les abus sont insidieux et se révèlent au fil du temps puisqu’au départ, le conjoint violent semble bien souvent charmant et très amoureux. Petit à petit, il tisse autour de sa victime une toile qui lui laisse peu de chance de s’échapper, culpabilisation, déclarations intenses, isolation, lune de miel et déchaînement de violences, les actions de l’agresseur ne suivent aucune logique et laissent sa proie dans un état de sidération telle qu’elle n’a bientôt plus la force de lutter.

Les effets du confinement sur les violences conjugales

Sans surprise, le nombre de cas de violences conjugales a éclaté durant le confinement. Si on estime que les situations de nouvelles violences sont plutôt rares et que les conjoints jadis non violents ne le sont pas subitement devenus, on constate en revanche que la violence au sein des foyers qui présentaient déjà des signes inquiétants a considérablement augmenté. 

Les statistiques des moteurs de recherche l’indiquent : les termes “violences conjugales” ont atteint des records au niveau des recherches Google, les recherches sur le terme “numéro violence conjugale” a quant à lui augmenté de 360 % et le terme “association violences conjugales” de 120 %. Bien que l’on puisse donner plusieurs interprétations à ces chiffres, la situation reste inquiétante selon Baptiste Michiels, fondateur de Websie, plateforme de psychologues en ligne. “Les demandes concernant les violences conjugales ont tellement explosé que nous avons dû adapter notre service pour recevoir le plus grand nombre”.


On peut expliquer de plusieurs façons la recrudescence de ces violences conjugales et des appels qui en découlent. Tout d’abord le confinement crée des tensions au sein des foyers. Ni le conjoint violent ni sa victime ne sont vraiment autorisés à quitter le domicile et une situation qui s’avère déjà anxiogène pour des couples « traditionnels » devient insupportable pour la personne abusée qui se retrouve en présence constante de son bourreau.

À cela, s’ajoute un stress parfois financier puisque de nombreuses personnes se sont retrouvées dans une précarité nouvelle inquiétante. Ces facteurs augmentent considérablement le stress et donc la violence d’un conjoint déjà brutal en temps normal.

Une solution gratuite et innovante

Les initiatives sont nombreuses, mais dans les faits les places manquent et les systèmes d’accueil sont souvent surchargés ou inaccessibles vu la crise. C’est pour cette raison que Websie, jusque-là spécialisé dans les consultations individuelles en ligne, a décidé de mettre ses ressources au service des victimes en leur offrant des thérapies de groupe. L’objectif est de leur offrir un espace de parole ouvert et intime où chacun pourra se confier et trouver de l’écoute dans une atmosphère sécurisée et sans jugement. Ces séances se déroulent sur Google Meet afin que chaque membre puisse participer en toute sécurité. En effet, cela leur permet par exemple de rejoindre le groupe depuis leur téléphone, à l’extérieur du domicile familial. De plus, les personnes inscrites peuvent choisir de participer sans montrer leur visage.

Vakkas Celik, psychologue qui encadre ces thérapies de groupe, précise l’objectif de cette initiative. « Ce type de thérapie en ligne permettra d’offrir un espace de parole aux victimes et de les déculpabiliser, mais surtout de comprendre les mécanismes psychologiques qui les ont amenés dans ces situations d’emprise et de donner du sens à ce qu’ils ont vécu. Ces groupes de parole permettent également aux victimes de rentrer en contact avec des personnes ayant le même vécu et de trouver des ressources pratiques, par exemple en vue d’un départ et de mettre en place les stratégies nécessaires pour survivre au quotidien et de se reconstruire une fois libéré. »

Une session dure environ 1h30. Elles ont lieu tous les soirs aux alentours de 18h30 par groupe de 8 personnes. Le fondateur de la plateforme pense continuer cette action au moins jusqu’à la fin de la crise Covid-19.

Pour participer gratuitement et en toute sécurité : https://websie.co/therapie-groupe/

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