Interview de Ludivine Chappaz, psychologue clinicienne et psychothérapeute. 

La période de confinement a été génératrice de stress et d’anxiété chez de nombreuses personnes. L’avez-vous également remarqué chez vos patients ?

Durant cette période inédite, j’ai surtout remarqué chez de nouveaux patients l’émergence de conflits qui étaient larvés avant le confinement. En effet, la vie sociale permettait de réguler leur problématique jusque là. Ils avaient mis en place des stratégies pour gérer leur vie quotidienne. Le confinement est venu bouleverser cette structure. Une fois que ces personnes se sont retrouvées seules face à ces problèmes, les ruminations ont pris place et les symptômes d’anxiété se sont fait de plus en plus présents. 

Comment le déconfinement peut-il être source d’anxiété ?

Il existe des gens qui ont trouvé du réconfort lors du confinement, c’est à dire ceux qui en temps normal sont confrontés à des situations anxiogènes dans leur vie de tous les jours (au travail, à l’école,…). Il s’agit d’une stratégie d’évitement pour ces personnes. Cependant, on sait que l’évitement augmente l’anxiété. Une fois le déconfinement annoncé, ces personnes n’ont pas forcément retrouvé les ressources nécessaires pour affronter à nouveau les situations compliquées qui autrefois étaient plus ou moins gérées. 

Il faut ajouter aussi que même si la vie reprend, elle ne reprend pas tout à fait comme avant : les gens portents des masques, on ne peux pas se serrer la main, il faut se tenir à distance, etc… Certains ont perdu leurs repères qui leur permettaient de gérer leur anxiété.

Est-ce que la peur du virus y est également pour quelque chose ?

Oui, certains patients se sont senti protégés par le confinement. Le fait d’être déconfinés et de se retrouver confrontés au virus, malgré les gestes barrière et la distance sociale, peut créer du stress. 

De plus, ce déconfinement amène une sorte de conflit interne chez certaines personnes. En effet, ils ne peuvent plus se cacher derrière l’argument d’interdiction dictée par les autorités. Ils se doivent de faire leurs propres choix concernant leur exposition au virus ainsi que celle de leurs proches. 

Un conseil à donner ?

Difficile de donner un conseil général en tant que psychologue car chaque problématique est différente. Il faut essayer le plus possible de reprendre une vie normale, s’habituer par rapport au nouveau mode de vie. L’anxiété devrait alors baisser. Si ce n’est pas le cas, il est vivement conseillé de consulter un psychologue pour trouver des solutions.

Vous pouvez consulter Ludivine Chappaz via ce lien.

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