Pathologie à part entière ou dépression classique ?

Depuis 2014, on voit fleurir le terme dépression souriante. Évoquée pour la première fois par la psychologue clinicienne, la dépression souriante (ou smiling depression) définit les cas de dépression ou de profond mal être passant inaperçu tant la personne qui en souffre sait donner le change.

Pourtant, ne nous laissons pas tromper par des sourires et une vie à première vue parfaite. Bonheur de façade ne signifie pas nécessairement bien être profond et nous serions de plus en plus nombreux à souffrir de cette dépression que certains estiment d’un genre nouveau quand d’autres reconnaissent là la maladie traditionnelle, juste particulièrement dissimulée par ceux qui en sont atteints.

Quels sont les symptômes de la dépression classique ?

Les patients atteint de dépressions ressentent en général un certain nombre de symptômes témoignant d’un état mental dégradé. La tristesse et l’anxiété sont généralement les facteurs principaux même si les malades témoignent également souffrir de troubles du sommeil comme l’insomnie ou l’hypersomnie. À cela, peuvent s’ajouter des troubles de l’appétit, une perte d’intérêt pour des choses jadis importantes, un abattement et parfois même des idées noires.

On pense souvent qu’il est facile de détecter la détresse chez une personne souffrant de dépression ou de trouble de l’humeur. Or une personne à l’air triste ou abattue n’est pas forcément dépressive et une personne dépressive n’a pas forcément l’air triste. Tous ces symptômes ne sont pas nécessairement visibles et ce qui définit la dépression, c’est le fait que les malades ressentent un mal-être, pas qu’ils l’affichent. C’est pour cela qu’on ne peut considérer que la dépression souriante comme une pathologie particulière et qu’il s’agit plutôt d’une manifestation de la maladie classique chez certains patients.

La dépression souriante, qu’est-ce que c’est ?

Comme son nom l’indique, la dépression souriante est une dépression difficile à diagnostiquer de l’extérieur, car celui qui en souffre est très doué pour porter un masque voire choisir d’ignorer plus ou moins consciemment sa pathologie.

Le sujet semble aller bien : il sourit, rit parfois et sa vie semble agréable. Il n’est pas isolé, a souvent un bon travail, une vie sociale bien remplie, une vie amoureuse, des enfants… En bref, il a tout pour être heureux et on ne peut souvent pas suspecter le désespoir qui le ronge.

Dans une société obsédée par la performance et la réussite, afficher ouvertement ses troubles de l’humeur ou sa détresse psychologique reste souvent tabou, voir honteux. On a alors peur de paraître faible, ou de faire fuir ceux qui nous entourent et on fait semblant que tout va bien.

Comment la détecter et la soigner ?

On estime que 10 à 15 % des malades dépressifs souffrent de cette forme de dépression. Elle est d’autant plus difficile à déterminer que le malade met beaucoup d’énergie à cacher son état, voir à le nier lorsqu’il est démasqué.

Il est donc primordial d’être particulièrement vigilant lorsque l’on observe des changements même minime dans le comportement de nos proches : prise ou perte de poids rapide et importante, changement d’humeur, perte d’intérêt dans les choses qui jadis intéressaient la personne. Il est également important de savoir écouter pour saisir des indices que pourraient disséminer le malade.
Enfin, même si toutes les dépressions n’ont pas de causes précise, montrez-vous encore plus prévenant et attentif qu’à l’accoutumé envers vos proches qui ont dû traverser des épreuves récemment (deuil, rupture, perte d’emploi) et même si ceux-ci affichent une bonne humeur de façade. 

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