Selon le site “anxiété.fr”, 21% des 18-65 ans présenteront un trouble anxieux à un moment ou un autre de leur vie. Un chiffre certainement en hausse selon la plateforme Websie.co dont les suivis psychologiques liés à l’anxiété ont triplé depuis le début de la crise sanitaire.

Presqu’un an après le début de la crise COVID, nous sommes déjà en mesure de tirer quelques conclusions quant à l’impact psychologique sur les populations. Si la propagation du virus a créé un climat très anxiogène, l’impossibilité de sortir a pu être vécue comme un soulagement chez les personnes souffrant d’anxiété sociale. Ces dernières risquent cependant de subir un retour de bâton considérable lors d’un potentiel retour à la normale.

La COVID 19 et ses conséquences sur la santé mentale

La crise sanitaire de la COVID 19 a eu un impact sans précédent sur la vie des populations. Lorsque l’on pense aux conséquences, on pense bien entendu aux risques de propagation du virus, et à la nécessité de s’en protéger, notamment grâce au confinement et aux gestes barrières.

Nécessaire et ayant fait ses preuves, ce confinement a pourtant eu des conséquences pérennes et considérables sur nos existences. Au-delà du domaine pratique qui nous a poussé à devoir nous organiser, mais aussi à repenser notre façon de fonctionner, nous avons vu jaillir des problématiques sanitaires et psychologiques importantes. Le confinement et l’isolement qui en découlent ont plongé une partie de la population dans un grand désarroi. En cause ? Une solitude aussi soudaine que contrainte, mais aussi un manque de repères dans un climat anxiogène. 

À l’inverse pourtant, ce confinement imposé a eu un impact positif – à court terme du moins – sur beaucoup de personnes souffrant d’anxiété sociale, qui ont soudain pu éviter de nombreuses situations qui leur étaient difficiles, voire insupportables dans leur vie d’avant.

L’anxiété sociale, un trouble handicapant au quotidien

Cette anxiété se manifeste principalement par la peur intense d’être confronté au regard des autres et à leurs réactions. La plupart des situations du quotidien impliquant un contact avec autrui sont donc difficiles à gérer et provoquent du stress. Prise de parole, travail de groupe, rencontres… Tous ces événements perçus comme anodins par la plupart des personnes, sont vécus comme épuisants et menaçants par la personne anxieuse qui doit fournir un effort considérable pour continuer de fonctionner en présence des autres, et adopter ce qu’il pense être une attitude de circonstance.

Si de nombreuses personnes atteintes ont à peine conscience de leur trouble et se considèrent simplement comme timides ou introverties, il arrive que certains patients ne parviennent plus à sortir de chez eux.

Les impacts du confinement sur l’anxiété sociale

Si beaucoup ont vécu le confinement comme une période d’isolement difficile à gérer, les personnes souffrant d’anxiété sociale, ou confrontées au quotidien à des situations anxiogènes dans le cadre de leur travail ou de leurs études, par exemple, ont apprécié ce temps de pause aux obligations et aux interactions sociales limitées voire inexistantes. 

Cette période de confinement a donc permis à beaucoup de ces patients de vivre plus sereinement et de se sentir plus à l’aise au quotidien. On observe malheureusement un phénomène de cercle vicieux, et si le confinement peut sembler bénéfique à première vue, le retour à la « normale » et à sa confrontation sociale risque de s’avérer compliqué. Comme dans le cadre de l’exercice physique, moins on s’entraîne, moins on a l’énergie de s’entraîner, et moins on sort et on se confronte au monde, moins on se sent la force de ressortir un jour.

Retour à une nouvelle normale, et après ?

Selon la psychologue Ludivine Chappaz : “Il existe des gens qui ont trouvé du réconfort lors du confinement, c’est-à-dire ceux qui en temps normal sont confrontés à des situations anxiogènes dans leur vie de tous les jours (au travail, à l’école,…). Il s’agit d’une stratégie d’évitement pour ces personnes. Cependant, on sait que l’évitement augmente l’anxiété. Une fois le déconfinement annoncé, ces personnes n’ont pas forcément retrouvé les ressources nécessaires pour affronter à nouveau les situations compliquées qui autrefois étaient plus ou moins gérées.”

Si le télétravail et les déplacements minimums sont encore fortement recommandés, permettant aux personnes souffrantes d’anxiété sociale de profiter de justifications légitimes pour éviter les situations stressantes, une reprise des interactions sociales et de leurs obligations sera souhaitable, voire inévitable. La crise risque cependant d’impacter notre société sur le long terme, rendant un retour à la vie d’avant illusoire. 

Il s’agira donc de s’adapter à un nouveau normal où les règles sanitaires seront plus drastiques et où le port du masque sera obligatoire. Un contexte d’autant plus anxiogène pour des profils déjà angoissés par les interactions du quotidien. D’où l’importance de consulter dès maintenant si vous sentez qu’il vous est de plus en plus difficile de vous retrouver au contact du monde extérieur. Un professionnel peut éventuellement aider à réunir les ressources nécessaires pour aborder sereinement cette nouvelle période et permettre de travailler en profondeur sur les causes de votre anxiété et les meilleurs moyens de la soulager.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *