« Ma femme ne retient que le négatif », « Il ne m’offre rien », « Problème de sommeil en couple », « mon copain m’a trompé », « comment le pousser à faire sa demande ? ».

Entretien avec Mahalia De Smedt, psychologue et psychothérapeute basée à Bruxelles. 


1. Présentation

Je suis arrivée à la psychologie après avoir d’abord entrepris des études de Lettres et enseigné. C’était comme une suite logique pour moi : passer de la verticalité de l’Histoire – qui plonge l’homme au contact de ses racines – à l’horizontalité de la psychologie, ou la vie est explorée dans son intime et sous ses dimensions présentes. Cette double approche se retrouve en filigranes dans ma pratique et l’enrichi. Tout comme ma double appartenance culturelle (belge et italienne) qui me permet de pratiquer mon métier dans les deux langues et au sein de deux cultures certes proches mais différentes.

Aujourd’hui psychologue clinicienne et psychothérapeute, je pratique la thérapie individuelle depuis près de dix ans (qu’elle soit brève et centrée sur la résolution de problème ou de plus longue haleine, pour comprendre en profondeur ce qui nous porte à des schémas répétitifs).

Je me suis formée dans un second temps à l’accompagnement du couple, que je pratique depuis plusieurs années désormais et avec une grande passion. Je ne cesse d’ailleurs de me former en continu, tant mon métier est riche et invite à se renouveler sans cesse !

2. Que pensez-vous des sujets mentionnés ci-dessus ? Est-ce que ce sont des problématiques récurrentes en cabinet également ?

Les problématiques qu’un couple rencontre varient fortement en fonction de l’histoire de celui-ci, de l’âge des personnes qui consultent, de leur sexe et de la durée de leur relation. Il est évident que quand un couple est constitué depuis près de trente ans, ses préoccupations ne sont pas forcément les mêmes que quand il vient de se former !

Parmi les sujets mentionnés, je dirais que certains apparaissent en premier plan lors d’une séance et d’autres en second. La question de la difficulté de dormir ensemble (à cause du rythme de vie différent de chacun ou de ronflements), par exemple, ressort souvent à partir du moment ou d’autres points posent problèmes au sein de la relation. Mais si c’est uniquement la question du sommeil en soi, les personnes consultent plus volontiers un médecin, du moins dans un premier temps. De même, la question de ce que chacun est prêt à donner est rarement le problème principal et accompagne souvent une question plus prégnante : « Quelle importance j’ai dans la vie de l’autre si il ou elle a si peu à (me) donner ? ».


3. Quel est le type de problématique que vous traitez le plus souvent ? Est-il souvent possible de trouver une solution pour sauver un couple ?

Les problématiques que je rencontre dans mon cabinet sont variées et touchent de nombreux domaines de la vie de couple. Par ordre décroissant, j’aurais tendance à dire que les thématiques les plus fréquentes sont : la mauvaise communication, l’infidélité (ou la jalousie), la fatigue ou la rancune qui s’installent au fil du temps, l’éducation des enfants, la difficulté à s’engager, le passé de chacun, le dénigrement, la répartition des tâches ménagères, la sexualité, la gestion de l’argent, les relations avec la belle-famille, … Bien sûr, cette liste n’est pas exhaustive.

Souvent quand un couple en arrive à consulter, plusieurs de ces points posent problèmes en même temps. Une partie du travail est dès lors de commencer par écouter la demande de chacun en profondeur, pour déterminer avec eux quels sont leurs besoins prioritaires. Leur faire prendre conscience aussi qu’une crise est inconfortable et souvent douloureuse mais peut se révéler éminemment constructive pour le couple qui saura en tirer les justes conclusions. Ensuite, en fonction de l’état de leur relation et de leur motivation réciproque, le travail peut vraiment commencer. Si chacun y met du sien, on peut obtenir de très bons résultats et souvent même en seulement quelques séances : certains couples au bord de la rupture repartent plus amoureux que jamais ! D’autres aussi comprennent que leurs désaccords sont plus importants qu’ils ne se l’imaginaient et que sauver leur couple va leur demander un réel investissement émotionnel et de temps à se consacrer l’un à l’autre.

Enfin, il est important de rappeler que chaque couple est unique et il n’y a jamais de mauvaise raison de consulter. Au contraire : traiter à la source un point qui pose problème est souvent plus facile à faire qu’une fois qu’il s’est cristallisé. Quoi qu’il en soit, à partir du moment où on travaille avec l’humain, il n’y a pas de règle absolue, ce qui est d’ailleurs un des aspects merveilleux de ce travail.

4. Voyez-vous avec le temps de nouvelles problématiques apparaître ?

J’ai eu l’occasion dans mon cabinet d’observer une certaine transformation des couples qui consultent. Pas tant par rapport aux problématiques qui les amènent, que dans les mentalités dont cette transformation est le reflet : beaucoup de couples plus jeunes en âge ou dans leur relation tendent à consulter par rapport à il y a encore quelques années.

Ce qui traduit à mon sens une évolution positive : être en couple n’est plus une évidence ni la seule option possible (des alternatives désormais existent et sont bien accueillies par la société), ce qui pousse dès lors chacun à négocier ses limites au sein de la relation et à définir ce qui est mis en commun ou gardé juste pour soi. Nombreux sont les couples qui cherchent leur manière spécifique d’être en couple ou de recréer un couple autour d’un noyau familial recomposé ; à parler des problèmes dès leur apparition et sans laisser que la situation s’aggrave jusqu’à devenir critique. Il y a une vraie élaboration créative, une envie de faire du ‘sur mesure’ pour créer un couple à son image qui est très bien. Je remarque aussi une grande maturité chez bien des couples issus de parents divorcés et qui souhaitent mieux se connaître, pour ne pas reproduire certains schémas de leur famille d’origine dans leur couple actuel.

5. Que pensez-vous des forums pour poser ce genre de questions ?

Je crois que les forums comportent de nombreux points positifs : celui de se sentir moins seul face à un problème donné avant tout. Pouvoir échanger avec des personnes qui sont confrontées aux mêmes problématiques que les nôtres est souvent un excellent point de départ pour savoir ensuite qui consulter, dans quelle direction chercher une solution.

En revanche, là où j’invite à la méfiance, c’est face aux avis trop tranchés – voire franchement déplacés – qui peuvent apparaître parfois. Ne pas projeter sa propre histoire dans celle de l’autre est un métier en soi et qui s’apprend ! Ne pas se laisser influencer, même par des personnes bien intentionnées, peut être enfin plus compliqué pour des personnes d’autre part solides mais en ce moment fragilisées par la situation déstabilisante qu’elles traversent.

6. Un conseil pour ceux qui cherchent encore des réponses ?

Fiez-vous à votre instinct, apprenez à vous poser les bonnes questions. Et ne doutez jamais qu’à chaque problème existe une solution et à chaque couple, une forme d’accompagnement adaptée s’il en ressent le besoin.


Mahalia DE SMEDT
Psychologue – Psychothérapeute (individuel – couple )
Français – Italien // Cabinet(s) : Ixelles (et prochainement La Hulpe)

Téléphone : +32 (0) 477 58 90 23 
Email : mahaliadesmedt@yahoo.fr

Facebook : https://www.facebook.com/Mahalia-De-Smedt-Psychologue-clinicienne-Psychoth%C3%A9rapeute-FRIT-103083098094711



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