Les violences conjugales sont un fléau qui sévit depuis toujours dans tous les milieux sociaux. On parle de violence conjugale lorsqu’un des membres d’un couple fait subir à son ou sa partenaire des violences répétées. Ces violences sont souvent dirigées contre les femmes de la part de leur conjoint, mais ce n’est pas systématique. Ces violences sont exhacerbées en période de crise sanitaire, les victimes étant alors piégées à domicile avec leurs bourreaux, eux mêmes particulièrement tendus par la situation actuelle.

4 types de violence et une emprise insidieuse

Ces abus se manifestent sous 4 formes différentes : les violences physiques (coups, bousculades), la violence psychologique (insultes, brimades, mais aussi manipulation, culpabilisation), la violence économique (interdiction d’accéder aux finances, difficulté d’accès aux ressources) et la violence sexuelle (rapports ou actes imposés). Dans les situations de violence conjugale, ces différentes violences sont souvent mêlées et malheureusement l’une annonce souvent l’arrivée des autres à court terme.

Il est parfois compliqué de l’extérieur de comprendre le phénomène d’emprise et les raisons qui peuvent pousser une personne intelligente à rester sous le joug d’un bourreau qui la traite ainsi. Outre les systèmes d’isolement, par exemple en isolant la victime financièrement ou socialement en la poussant à quitter son travail, à déménager, à couper avec ses proches, l’agresseur tisse patiemment une toile qui lui permet d’asseoir son emprise. Si les violences intervenaient d’un coup dès le début de la relation, la victime partirait, malheureusement l’agresseur sait comment s’insinuer dans la vie de l’autre jusqu’à ce que la réaction, voire le départ, deviennent très compliqués voir impossibles.

Le cycle des violences conjugales

Dans une première phase, appelée celle de l’escalade, l’agresseur instaure peu à peu un climat de tension et exerce son emprise en disséminant reproches, pressions et contrôles qui plongent la victime dans un état de vigilance. Elle tente d’arranger la situation, de satisfaire l’autre, et fait attention à son comportement pour apaiser son conjoint.

La deuxième phase est celle de l’explosion : L’agresseur explose, et fait ouvertement preuve de violence quelle qu’elle soit. Il expliquera plus tard avoir « pété les plombs », « perdu les pédales », ces crises sont pourtant parfaitement maîtrisées et ne servent qu’à asseoir la domination et instaurer un climat de peur.

La troisième est celle du transfert : arguant donc avoir perdu le contrôle, l’agresseur minimise ses actes et fait comprendre à son ou sa partenaire qu’il ou elle est responsable de cette violence. Si le comportement avait été différent, il n’aurait pas eu besoin d’en arriver là. Il peut aussi justifier ses attitudes violentes par des fausses déclarations « – je t’aime trop », « – tu me rends fou ».

La quatrième phase est celle de la lune de miel. L’auteur des violences change d’attitude et devient le partenaire idéal aux yeux de sa victime, afin de la reconquérir, mais aussi de faire planer le doute et la sidération.

Au fur et à mesure du temps, ces phases sont de plus en plus courtes et les accès de violences sont de plus en plus fréquents. La victime n’a plus de répit et s’épuise peu à peu, il lui devient donc de plus en plus dur de se défendre.

Le confinement, et l’augmentation des violences conjugales

Le confinement a vu augmenter dramatiquement le nombre de cas répertoriés de violences conjugales. Quand on sait que ces abus sont souvent passés sous silence par leurs victimes, ces nombres ont de quoi effrayer. Le confinement exacerbe la situation au niveau de la victime, mais aussi de l’agresseur.

Le climat sanitaire est anxiogène, la situation financière est incertaine pour de nombreux foyers, ce qui augmente le niveau de stress des individus. Une personne déjà abusive verra sa violence décuplée sous l’effet du stress. Dans une situation normale, ces personnes ont d’autres exutoires, or, confinées avec leurs conjoints, et sans possibilité de décompresser ailleurs, cette violence retombe systématiquement sur la victime qui en plus de la violence habituelle doit subir les conséquences psychologiques de la crise sanitaire. Ces victimes n’ont quant à elle plus d’échappatoire. L’interdiction de sortir et l’accès limité aux structures habituelles (travail, maisons de proche) les privent de refuge et elles sont confrontées au quotidien à leur bourreau, qui plus est lui-même plongé dans un état de stress qui augmente sa colère. Pour endiguer à minima ce dramatique problème de santé publique, le gouvernement a été clair sur la question : il est autorisé de quitter le domicile conjugal si l’on est victime de violences, et ce, sans attestation.

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